Programme de certification : fini le papier

Novembre 2015   Commentaires

Les infirmières et infirmiers profitent de l’assouplissement des horaires

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En 2016, le Programme de certification de l’AIIC aura 25 ans, et de grands changements s’annoncent. Qu’ils demandent ou renouvellent leur certification dans une spécialité, les candidates et les candidats devront s’inscrire en ligne et passer l’examen dans l’un des centres informatisés du pays.

Nous préparons ce virage en ligne depuis environ cinq ans, confie Lucie Vachon, infirmière-conseillère au sein du programme. Des recherches sur diverses plateformes d’inscriptions et d’examens, les ressources, les coûts et des rencontres avec diverses parties concernées ont amené l’AIIC à informatiser le programme. Mais si le format a changé, s’empresse-t-elle d’ajouter, le contenu de l’examen, lui, est identique.

« Les examens de certification sont créés par du personnel infirmier autorisé pour le personnel infirmier autorisé », souligne Mme Vachon. Des experts canadiens des différents sujets travaillent en collaboration avec des consultants d’Assessment Strategies Inc., l’entreprise spécialisée dans les évaluations et les mesures qu’a retenue l’AIIC pour créer et mettre à jour chacun des examens afin qu’ils reflètent les derniers résultats des recherches et les meilleures pratiques en milieu de travail. Une norme nationale est ainsi fixée pour toutes les connaissances pertinentes dans un domaine de spécialisation. À titre d’exemple, une infirmière peut avoir de l’expérience en matière de dialyse, mais l’examen de néphrologie testera aussi ses connaissances avancées dans l’ensemble du domaine, avec des questions sur l’hémodialyse et la greffe du rein. Chaque examen compte de 160 à 165 questions à choix multiple qui reflètent de façon réaliste des situations que le personnel infirmier pourrait rencontrer dans la pratique de sa spécialité.

Le Réseau canadien des spécialités en soins infirmiers regroupe des membres de 45 spécialités, dont 20 seulement disposent d’un examen de certification. « Pour élaborer et mettre à jour un examen de certification dans une spécialité, il faut un nombre important d’infirmières et infirmiers, qui le rédigent et le renouvellent chaque année », explique Patricia Elliott-Miller, chef administrative, Certification et développement professionnel.

L’abandon du papier pour les candidatures et les examens fera certes économiser de l’argent et sauvera des arbres, mais Mme Vachon admet que le nouveau format dérangera sans doute certaines personnes. Pour aider ces dernières à s’y retrouver dans le nouveau système, l’AIIC offrira des tutoriels et des webinaires expliquant chacune des étapes du processus. Des examens blancs, identiques dans leur présentation aux nouveaux examens, sont déjà offerts en ligne.

Les inscriptions en ligne aux examens de 2016 seront ouvertes du 11 avril au 1er juillet pour les premières certifications et les renouvellements par examen, et du 11 avril au 30 novembre pour les renouvellements au moyen de la formation continue. Les examens auront lieu du 19 septembre au 7 octobre. Pour les années suivantes, l’AIIC prévoit deux sessions d’examen de deux semaines chacune, au printemps et en automne. Les infirmières et infirmiers autorisés ayant un permis d’exercer et un minimum de deux années d’expérience dans leur spécialité, confirmées par une ou un superviseur, peuvent s’inscrire. Pour passer l’examen, elles pourront appeler le centre d’examen informatisé le plus proche, tel qu’indiqué, et réserver une place pour la date de leur choix pendant la session d’examens. L’AIIC offrait auparavant les examens de certification un seul samedi par an, ce qui s’avérait compliqué pour les employeurs, qui devaient libérer beaucoup de leur personnel infirmier le même jour, et pour les candidats, qui ne pouvaient pas toujours se libérer ce jour-là.

La certification dure cinq ans, puis on doit la renouveler en passant l’examen mis à jour ou en démontrant 100 heures d’activités d’apprentissage continu spécialisé accumulées dans son domaine au cours des cinq années écoulées. Certaines des heures passées dans des séances du congrès biennal de l’AIIC ou à participer aux activités d’un groupe lié à une spécialité peuvent compter. « Nos nouveaux systèmes en ligne permettront aux infirmières et infirmiers d’ouvrir un compte et de se faire un profil d’apprentissage continu, explique Mme Vachon. Il leur sera ainsi facile d’inscrire leurs activités d’apprentissage au fur et à mesure, ce qui simplifiera et accélérera le renouvellement de leur certification. »

Hors TPS et TVH, les examens de certification initiale et de renouvellement coûtent 570 $ pour les membres de l’AIIC, et 756 $ pour les autres; le renouvellement par apprentissage continu leur coûte, respectivement, 328 $ et 395 $, plus taxes.

La section de INF-Fusion.ca intitulée Programme de certification de l’AIIC, régulièrement mise à jour, comporte une liste des aides financières disponibles, souligne Mme Vachon. Le Nursing Education Initiative Grant Program, financé par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, fournit par exemple un financement. D’après son site Web, la Fondation des infirmières et infirmier du Canada remboursera les frais de l’examen de renouvellement ou de renouvellement par apprentissage continu à au moins une infirmière ou un infirmier dans chacune des 20 spécialités de pratique infirmière. « Le personnel infirmier certifié de Terre-Neuve et Labrador et de Nouvelle-Écosse reçoit maintenant une prime salariale pour la certification dans sa spécialité », ajoute Mme Vachon.

En plus d’une aide financière, de nombreuses associations spécialisées apportent d’autres soutiens. L’Association canadienne des infirmières et infirmiers en périnatalité et en santé des femmes a par exemple un groupe national d’étude pour la préparation à l’examen de certification. Pour sa part, la Société canadienne des infirmières et infirmiers en gastroentérologie et travailleurs associés propose chaque année une séance sur la préparation à l’examen de certification dans le cadre de son congrès national. Par ailleurs, le de Souza Institute propose au personnel infirmier en oncologie et soins palliatifs un groupe de travail pour préparer l’examen.

L’Association canadienne des infirmières en oncologie (ACIO) croit tellement dans la certification qu’en août, elle a publié une déclaration encourageant le personnel infirmier autorisé qui travaille auprès des patients atteints d’un cancer ou dans des systèmes œuvrant dans ce domaine à obtenir sa certification en oncologie avant sa cinquième année de pratique. Elle recommande en outre qu’au moins 75 % du personnel infirmier autorisé admissible des organisations offrant des services en oncologie soit certifié.

« La certification en oncologie a des retombées positives prouvées pour les patients et leur famille, le personnel infirmier et les organisations. Des infirmières et des infirmiers ont déclaré que la certification avait eu une incidence bénéfique sur eux, tant sur le plan professionnel que personnel, peut-on lire dans la déclaration. Les organisations qui soutiennent le personnel infirmier certifié par l’AIIC montrent leur appréciation des connaissances spécialisées et leur appui à l’apprentissage permanent. »

« Beaucoup d’employeurs soutiennent leur personnel infirmier dans ses efforts pour obtenir une certification, car ils y voient un investissement dans des normes de qualité supérieure en matière de soins », affirme Mme Vachon. Elle ajoute que ces certifications démontrent que le personnel infirmier satisfait à des normes nationales de compétence et de connaissances spécialisées, ce qui se traduit par des soins de qualité, sûrs pour les patients.

Le département des soins infirmiers de l’Hôpital Mount Sinai à Toronto fait partie des employeurs canadiens qui défraient ceux qui réussissent l’examen de certification. En 2010, le département s’est fixé pour objectif d’augmenter le nombre de ses infirmières et infirmiers certifiés. Grâce à une stratégie en plusieurs volets, le département met des responsables des soins infirmiers à la disposition de ceux et celles qui envisagent de passer l’examen pour les conseiller; assure un rappel des dates limites pour la certification dans les unités de soins aux patients hospitalisés et de soins ambulatoires; offre gratuitement un éventail de groupes d’étude sur place en faisant en sorte que les gestionnaires et les responsables des unités préparent des emplois du temps permettant au personnel infirmier d’y participer; propose des séances hebdomadaires chevauchant les débuts et les fins de quarts, afin que le personnel infirmier puisse y assister avant ou après le travail. Le programme a bien marché : l’Hôpital Mount Sinai compte 256 infirmières et infirmiers autorisés certifiés; l’objectif initial était de 206.

L’Hôpital Pierre-Le Gardeur, un établissement régional situé à Terrebonne (Québec), a reçu le Prix de reconnaissance aux employeurs de l’AIIC pour 2015 pour son soutien à ses employés souhaitant obtenir une certification. Toute l’équipe du centre d’oncologie de l’hôpital, y compris les pharmaciens, psychologues et oncologues, a participé au groupe d’étude pour aider le personnel infirmier autorisé à se préparer à l’examen.

Selon Annie Jean, infirmière en oncologie, le jeu en valait la chandelle. Grâce à leur certification, les infirmières et infirmiers ont à présent des outils supplémentaires pour rassurer les patients et sont plus proactifs dans la détection d’urgences oncologiques nécessitant la consultation immédiate d’un spécialiste. « Comme nous avons de plus en plus de personnel infirmier hautement qualifié, la qualité des soins et des services offerts au centre d’oncologie s’est globalement améliorée », affirme Mme Jean.

Le personnel infirmier et les patients ne sont pas seuls à profiter de la certification. La réputation du centre d’oncologie s’en trouve aussi améliorée, estime Mme Jean, ce qui favorise le recrutement de personnel infirmier et d’autres professionnels de la santé.

Rédigé à partir de dossiers de Sue Cavanaugh

Nombre de certifications de l'AIIC en règle par spécialité pour des années données [PDF, 303,9 Ko]

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